- 2025 -
Commissaire d'exposition et auteur du livre associé,
Développé pour l’association Ar(t) Stiff et les éditions Les Iliennes.

À travers des cartes depuis la fin du xviie siècle issues des fonds de divers organismes de conservation du patrimoine, l'exposition L’île à la carte – Ouessant disparu, Ouessant imaginé propose en deux parties, un panorama de trois siècles d’évolutions projetées à Ouessant.
On doit aux ingénieurs militaires et aux marins les premières cartes d’Ouessant. Elles apparaissent à la toute fin du xviie siècle, alors que l’importance stratégique de l’île se renforce face à la menace anglaise et aux ambitions défensives de Louis XIV.
Jusque-là réduite à un simple repère sur des cartes générales, l’île fait alors l’objet de relevés précis destinés à planifier la défense côtière et à sécuriser la navigation.
Les quinze documents présentés dans cette partie de l’exposition permettent aujourd’hui de retracer les évolutions imaginées de l’île : ils révèlent des éléments disparus, des projets abandonnés et les transformations du territoire au fil du temps. Grâce à eux, on peut imaginer et cartographier une île alternative, où tout ce qui fut construit aurait subsisté, tout ce qui fut projeté aurait vu le jour, et où d’autres choix auraient façonné un paysage différent.

Cette partie prolonge le premier volet de l’exposition et explore le cas concret d’un projet où création et effacement se rejoignent.
Au cœur d’Ouessant, à mi-chemin entre le Stiff et le bourg, la route culmine au sommet d’une colline où le regard embrasse l’horizon. On y passe, souvent sans le savoir, au ras du fort Saint-Michel et, plus encore, sur les terres d’un village disparu dans les années 1860 qui fut l’un des plus importants de l’île. Le destin de ses habitants est très étroitement lié à la genèse de la forteresse, elle-même conséquence des tensions franco-britanniques du XIXᵉ siècle.
Comme le veut la tradition militaire, les débats ayant conduit à la construction du fort ont été méticuleusement consignés. Et, ironie de l’histoire : c’est précisément le processus ayant mené à sa disparition (relevés, plans, enquêtes, dossier d’expropriations) qui nous permet de connaître dans le détail un village aujourd’hui sorti de la mémoire collective. Le projet abouti n’a pas seulement transformé le paysage, il en a fixé la mémoire.
L’histoire racontée ici trace les destins parallèles et fragmentés d’une volonté militaire et des habitants d’un village insulaire. Jusqu’au jour où ils se rencontrent autour d’une expropriation avant de poursuivre chacun leur route.

Le livre L’île à la carte complète et augmente l’exposition. Il en reprend les différents panneaux et propose aussi des textes variés dont une description de l’île au XVIIIe siècle, des articles de presse d’époque soulignant l’intérêt stratégique de l’île en 1900 et une version détaillée des biographies des habitants de Saint-Michel. Il se clôt sur une gwerz, une complainte écrite en souvenir des victimes du naufrage en 1876 d’une barque qui entraîna la mort de 21 personnes, dont quatre sont liées à l’ancien village Saint-Michel.
Le livre peut être commandé aux éditions Les Îliennes.
L’exposition L’île à la carte s’est tenue à Ouessant sur le site du phare du Stiff de mai à novembre 2025.
Elle peut être louée sur demande. Le dossier contenant les détails pratiques de l’exposition dont la liste des panneaux et le plan de montage peut être téléchargé ici.
Commissaire de l’exposition : Laurent Gontier, cartographe
Exposition organisée par l’association Ar(t) Stiff , en partenariat avec le Service historique de la Défense (Vincennes et Brest), avec le concours de la Bibliothèque nationale de France, Paris, des Archives du Finistère et du Service hydrographique et océanographique de la Marine, Brest
Merci à Hélène Prigent (Ar(t) Stiff et Les Îliennes) , Annick Dubosq (Les Îliennes), Frédéric Célestin (mise en page de l’exposition et du livre).
Le projet original commencé en 2014 dont cette exposition est un aboutissement a été financé par la mairie d’Ouessant, la Région Bretagne (appel à projet Héritages littoraux), la DREAL Bretagne, le ministère de la Défense, le Collège des îles du Ponant.